n°1 - Col de la Bonette

Col de la Bonnette Restefond (2802m)

Annoncée comme étant la route la plus haute d’Europe, ce col présente une particularité : depuis le Restefond (2680m) une boucle permet d’atteindre le col de la Bonnette (pour la cime du même nom -2860m-, il faudra déchausser et poursuivre à pied). Ce passage est réservé aux meilleurs. En effet, d’un côté comme de l’autre (Alpes Maritimes au sud ou Alpes de Haute Provence au nord), le dernier kilomètre présente un pourcentage à deux chiffres. Mais pour avoir le droit de se déhancher sur ce tremplin, il aura fallu avaler les 1658m de dénivelé sur 25km de montée. Ainsi, avec ce « coup-de-cul », la Bonnette dépasse le Ventoux en dénivelé, proposant le plus fort dénivelé en matière de col routier français. Tout au long des 25km, on aura eu le temps de  régaler ses yeux. Le paysage se développe au fur et à mesure que l’on s’élève. La traversée des ruines du Camp des Fourches, casernement militaire de la fin du XIXème siècle est, pour l’occasion, résolument parlant. L’impression que l’homme a déserté ces hauteurs inhospitalières, comme les himalayistes évoquent la zone de la mort à plus de 8000m. Exceptionnellement, j’ai conservé l’autre versant (depuis Jausiers) un poil moins exigeant selon les chiffres mais tout autant ardu dans sa réalisation.Bonnette restefond 36

Versant Sud   COTE : 91
Alpes Maritimes (06) – Départ sortie St Etienne de Tinée (D2205 puis D64)
Longueur : 25,2 km
Dénivelé : 1658m
Pourcentage moyen : 6,6 %
Temps de montée : 1h 51’10  (le 21 Juin 2015) – Coefficient : 402
Nombre d’ascensions : 6

 

Versant Nord   COTE : 91
Alpes de Haute Provence (04) – Départ Jausiers (parking) (D64)
Longueur : 22,8 km
Dénivelé : 1581m
Pourcentage moyen : 6,9 %
Temps de montée : 1h 39'50  (le 13 Juillet 2017) – Coefficient : 379
Nombre d’ascensions : 6

Tour de France : 4 ascensions (f. Bahamontès 1962)

 

Actualisation :   J'ai toujours autant de plaisir à gravir ce Géant. Encore les deux faces cet été avec la satisfaction d'améliorer mon meilleur temps sur le versant nord (pour clôturer une belle journée de randonnée à pied dans le secteur). Seule ombre au tableau : le ballet incessant des motos et des voitures. La rançon de la gloire. En outre, j'ai essuyé une mini tempête au sommet, me crépissant tout le corps baigné de sueur de cette petite poudre rocheuse et m'obligeant à m'acroupir en m'agrippant au cadre!! En 2018, je me contente d'une seule ascension depuis Jausiers... en attendant mon projet des "30 cols - deux faces" en 2019.

Bonnette restefond 27

Commentaires (1)

Bernard THILL
  • 1. Bernard THILL | 12/11/2017
Bonjour Cycliste,

C'est en faisant une recherche sur le col de Sarenne que je suis "tombé" sur ton site internet. Comme je suis en période de repos après une opération (que j'ai pu reporter après mon dernier tour à vélo de la saison !), j'ai profité de ce temps libre pour lire attentivement ton site qui a le mérite de manier parfaitement la langue de Molière. Les textes sont particulièrement bien écrits et on se cultive en même temps. Bravo !

Quelques paragraphes ont retenu mon attention. Voici mes commentaires sur ces sujets :

1) Comment déterminer précisément un début de grimpée ?
En Belgique (pays où je réside), le livre de référence "Cotacol" part des critères suivants :
- les portions descendantes cumulées n'excèdent pas 10% de la distance totale ;
- les portions plates et descendantes n'excèdent pas 10% de la distance totale ;
- les % négatifs cumulés n'excèdent pas 5% de la dénivelée totale de la côte.
Certains cols pourraient avoir 2 notes de difficulté, suivant que l'on considère le faux plat qui précède : Agnel côté France, Cormet de Roselend par Beaufort, Col de Tentes, etc
Pour ma part, lorsque je décide de monter un col, j'essaie de faire la plus grande dénivelée mais sans dépasser 15 km de faux-plat.

2) ligne d'arrivée de l'Alpe d'Huez
ASO, l'organisateur du Tour de France, doit tenir compte de nombreux critères, pas seulement sportifs. L'arrivée ne me semble pas mauvaise car elle permet un sprint (massif) final. Un pur grimpeur devra donc se poser la question s'il ne doit pas distancer plus tôt son (ses) adversaire(s) qui le colle(nt) pour ne pas risquer de se faire coiffer sur le fil. L'arrivée de Liège-Bastogne-Liège, organisé aussi par ASO, présente le même profil à l'arrivée.

3) Comment définir la difficulté
Comme tu l'écrits, il existe de nombreuses méthodes de calculs. Les auteurs de Cotacol ont eu le mérite d'avoir élaboré une formule de façon très scientifique. Dans la pratique, mon ressenti est fort proche des points attribués par le livre.
Je suis toutefois d'avis que, pour les grands cols, aucune méthode n'est totalement correcte car plusieurs difficultés sont négligées : on ne considère ni la raréfaction de l'oxygène, ni les endroits régulièrement venteux, ni la différence de température entre la plaine et le sommet, ni même les portions de descente à remonter. www.alpes4ever.com fait remarquer aussi que l'on prend des portions de 1 km, ce qui gomme les variations de pente intermédiaires. Je ne partage donc pas ta méthode de calcul qui me semble trop simpliste et par conséquence pas non plus ton classement des cols. Voici le classement des cols hors catégorie que j'ai grimpés et la difficulté ressentie :
1) Iseran depuis Bourg-St-Maurice : 3 arrêts (à Val d'Isère pour manger, au milieu de la montée finale car trop essoufflé et à 3 km du sommet pour m'habiller plus chaudement et faire baisser le pouls). Le vent après Val d'Isère m'a littéralement cassé les jambes.
2) Port de Pailhères depuis Usson: pas d'arrêt mais j'ai voulu régulièrement abandonner. www.climbbybike.com le classe avant le Tourmalet (2 petits points de plus).
3) Cormet de Roselend depuis Albertville (348 m de dénivelé en plus qu'en partant de Beaufort) : j'ai eu très dur sur la fin, j'ai dû manger beaucoup entre le lac et le sommet.
4) Madeleine depuis La Chambre : pas d'arrêt mais j'ai eu dur sur les derniers km
5) Ventoux par Saint-Estève (départ près de Modène pour augmenter le dénivelé) : pas d'arrêt, j'étais très bien après le chalet Reynard mais j'ai eu subitement dur sur les 2 derniers km
6) Grand-Colombier depuis Culoz

Par ailleurs, malgré le nombre impressionnant de cols que tu mentionnes, je ne vois pas quelques cols que j'ai gravis :
1) Coll de la Descarga (nom IGN) depuis Arles-sur-Tech dans les Pyrénées : comme la petite route se termine en cul de sac à un grand bâtiment abandonné visible sur Google Street, il y a très peu de trafic et le paysage est très joli. (D+=1195 m)
http://velocorbieres.unblog.fr/2010/11/14/col-de-la-descarga-66/
2) Col de la Luzette au sud du Massif Central (depuis Pont d'Hérault pour maximiser le dénivelé). Il est magnifique.
3) Col de Pierre Taillée (Peyra Taillade) : montée au milieu du Massif Central, totalement inconnue jusqu'à ce qu'elle soit grimpée au TdF 2017. Je ne suis jamais arrivé en haut car je n'avais pas encore de triple plateau en 2003.

Il n'est pas dans ta liste mais je ne peux pas m'imaginer que tu n'aies pas encore à ton palmarès le plus dur et un des plus beaux cols des Alpes : le Stelvio. Comme tu as une très bonne condition physique, tu peux le faire en partant de loin, par exemple à Tirano (dénivelé = 2250 m !). En plus, comme pour le Ventoux, il y a 3 versants splendides.

En Suisse, je te recommande aussi la montée en cul de sac vers le Lac de Châteaupré, tant pour les paysages que pour la dénivelée (± 1750 m). La plus grande de Suisse ?
En Italie, la Route de l'Assietta, qui n'est pas asphaltée mais carrossable, permet une boucle de 55 km dépaysante à faire en vélo de route ou en VTT (D+ = 1200 m). http://cyclomaniac.cudet.fr/index.php/fr/vtt/assietta

Je terminerai par quelques propositions d'améliorations de ton site :
1) ajouter un "m" à "Comentaire" écrit en grand sur la page d'accueil.
2) déplacer les titres de tes textes qui se trouvent au milieu de la liste des cols.
3) indiquer dans la liste le massif auquel appartient chaque col. Exemple : n° 51 La Forclaz - Alpes suisses
4) mettre un formulaire de contact sur la page d'accueil (j'avais vu un formulaire mais je ne le retrouvais plus, finalement j'ai vu qu'il est au fond de chaque col).
5) ajouter quelques photos de toi (je n'en ai pas vue une seule).

Voilà, j'arrête de te faire perdre du temps et j'espère tout de même un petit retour par mail.

A bientôt,

Bernard THILL

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